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samedi 3 novembre 2012

sans objet


Je les ai trouvées un soir,
ramassées sur le trottoir,
les assiettes petites et blanches
dans lesquelles je mange.
(c'est le présent qui me nourrit, 
ni le passé ni la nostalgie)

En échange, j'y ai déposé une théière,
quelques petites cuillères :
je paie mon tribut
à la rue.
Joseph Kessel n'est certes pas un objet. 
François Bon. Autobiographie des objets.

mercredi 21 mars 2012

Monographie du printemps

"Mais comme cette peau humaine d'un pays, image fréquentée, construite." François Bon

Les paysages sont des visages, 
de ceux qu'on pourrait décrire avec précision. 
Là une ride, là une entaille dans le menton. 

Même ceux qu'on a vus mille et une fois 
mais que plus jamais on ne verra. 
Là un virage, là un champ de colza. 

Même ceux qui nous paraissent maintenant si loin
si anecdotiques dans le grand tissu urbain. 
Là est la cabine où pour la première fois
j'ai entendu ta voix.

mardi 29 novembre 2011

Tuesday self portrait (dehors est la nuit)


"Bien sûr c'est d'une seule ville qu'il s'agit, et bien sûr c'est d'une seule nuit qu'il s'agit. C'est d'une ville de notre temps qu'il s'agit, une ville qu'on pourrait trouver au bout n'importe où d'une route, là où s'arrêtent les rails et qu'on descend, qu'on franchit le quai. C'est la ville par quoi toute ville est présence, et notre ville elle-même nous est présence, à l'arrêt qu'on marque près d'un trottoir, à tout retrait du bruit puisque la ville peinte ne comporte ni mouvement ni bruit, et même les couleurs s'affichent sans désordre. Tout rangé comme lorsqu'on vient le front contre la vitre, toute l'oeuvre entièrement le front contre les vitres, là où on pense et comme on pense dans l'interrogation des choses, la question qu'on a sur l'immobilité terrible d'un instant où tout vient sur la même surface, qui on est et d'où on vient, précisément par cette présence des choses."
François Bon. Dehors est la ville. Edward Hopper.