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mardi 14 août 2012

Tuesday self portrait (mon destin en main)

Si mon inaptitude à manier l'aiguille me prive d'une carrière de chirurgien,
elle me tient heureusement loin
de Pénélope et son destin.
On ne peut jamais demander au destin qui nous accompagne d'ouvrir son poing. Si l'on y parvenait, j'imagine qu'on découvrirait avec surprise qu'il tenait enfermé dans sa main la relique la plus dérisoire, l'objet que nous avions oublié le plus facilement, l'élément qui nous avait paru le plus dénué d'importance : la couleur d'un jour, un caillou jaspé, une parole rendormie sur elle-même comme un petit serpent, peut-être une larme...
Pierre Gascar. La vie écarlate.

jeudi 10 mai 2012

La vie en rose

A la fin, quand j'ai eu fini de vider la machine, il est resté une petite chaussette rose
-de la taille du pied d'un enfant de cinq ou six ans-
qui avait fait un tour de manège supplémentaire
-en douce-
en compagnie de mon linge.
Il commençait de dépouiller l'agneau, poussant très loin son poing entre la peau et la chair avec la force têtue d'un serpent à la tête trop ronde ou bien, vers le ventre, à l'endroit "où ça se faisait bien", à la façon du chat qui insinue sa tête par l'ouverture de la chemise sous l'aisselle d'un homme. Puis il rabattait toute la peau vers lui et j'apprenais que les bêtes habitent dans un gant. 
Pierre Gascar. La vie écarlate in Les Bêtes suivi de Le Temps des Morts.