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lundi 4 avril 2011

La vie, c'est le temps qu'il fait, les repas. Des déjeuners sur une nappe à carreaux bleus où quelqu'un a renversé du sel. Une odeur de tabac. Du brie, des pommes jaunes, des couteaux à manche de bois.*

*James Salter. Un bonheur parfait
Dans le sèche-linge, je voyais mes jeans cabrioler aussi gaiement que des écureuils une veille de jour férié. 
A leur droite, des draps à fleurs se soulevaient avec effort, tournaient sans conviction. 

Nos vies, par les hublots. 

lundi 28 mars 2011

En réalité, il existe deux sortes de vie : celle que les gens croient que vous menez, et l'autre*

Certains jours, c'est comme laisser la vie infuser sans avoir choisi son parfum
,et me laisser surprendre. 
"Cinq heures. De ses mains pâles, elle se coiffa devant le miroir de sa chambre. Elle se lissa les joues, la bouche, comme pour effacer les traces d'un événement. Il n'y en avait eu aucun, mais elle se préparait au suivant : coup de téléphone, disque, une demi-heure de lecture."
 *James Salter. Un bonheur parfait

samedi 18 septembre 2010

Sous les couvertures

Davantage que les quatrièmes de couverture, ce sont des pages ouvertes -découvertes- au hasard qui me décident. 
Aujourd'hui : 

-Un sport et un passe-temps de James Salter 
"Les reliques de l'amour : le titre d'un page dans son carnet. Beaucoup de notes sont incompréhensibles. Il y a un code, évidemment. Tout mémorialiste en invente un. Si je mourais, écrit-il, j'aimerais que ce soit dans une ville comme Nancy
Sous Idées, il y a : 
1 Quand partir. 
2 Un repas à la fois. 
3 Trois choses immortelles : la vertu, les mots, les actions. 
Suit une longue liste de villes, certaines avec une étoile (Bourges, Montargis). Après Malène il a écrit : long été. Beaucoup de noms de fromages."
(page 174)

-Coupable d'avoir dansé le cha-cha-cha de Guillermo Cabrera Infante 
"Très fâchée, elle ne parla plus jusqu'à la fin du repas. Comme ils étaient seuls au restaurant (il aimait les salles à manger vides)  on n'entendait que le son métallique des couverts sur la faïence qui se mêlait au bruit proche de la pluie et à la rumeur évanescente de la musique indirecte. "La musique parfaite, pensa-t-il. Comme Satie l'aimait : la musique d''ameublement. La musique aussi utile qu'une chaise et aussi impersonnelle."
(page 47)

-Comme un mensonge de Anne Luthaud
"En Bretagne, il a dit Viens on va se baigner à la grande plage, après on se séchera, on marchera dans l'écume, on ramassera des coquillages et des galets, après on ira manger des crêpes, un repas de crêpes, galettes de blé noir et crêpes sucrées, après on jouera dans la lande, cerf-volant sur la falaise et haut dans le ciel, après on se baignera encore, plage plus douce, crique abritée, la lumière déclinera doucement, on aura emporté un gâteau breton que l'on mangera sur le sable, après on rentrera, douche chaude, on mettra des vêtements de coton doux et souples, on mangera des crabes avec de la mayonnaise, des pommes de terre tièdes et du pain à la croûte noire et dure, on s'endormira avec sur les lèvres le goût resté du sel. 
Et on l'a fait."
(page 25)