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samedi 23 février 2013

il (me) dit :


C'est normal qu'ils te demandent leur route : 
tu as l'air 
si confidente.


samedi 19 janvier 2013

il (me) dit :

pardon madame
les frites
c'est bien 
en bas 
????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????

jeudi 20 décembre 2012

sans moi

Par la fenêtre : le même ciel sans nuances, la même pluie qui tombe droite et lourde. 
Dans le train du retour ou dans mon fauteuil sédentaire, c'est un peu le même voyage
immobile 
et intérieur.

lundi 3 décembre 2012

LES LUNDIS DE LA PHILOSOPHIE

 6- Le désir est-il la marque de la misère de l'homme ? (14.03.89)

Une réflexion sur le problème du désir le plus souvent assez pertinente. Mais il est cependant bien dommage que le sens précis du sujet n'ait pas été davantage analysé. 
12/20

dimanche 2 décembre 2012

Photograph (not) taken

I recentely stood at an intersection in New York and, for a long time, watched people walk by, hoping to make portraits. One man didn't want his portrait taken. When people say no, it often gets me thinking. (...)
In truth, the act of going out to take photographs of strangers is something I dread. Bur I keep going back to it. Despite the anxiety of the process, I am fascinated by the delicaty of the exchange, the tenuousness of the relationship, and the unpredictability of the outcome. I am fascinated by how a portrait of a stranger can take on meaning for another stranger -how an anonymous viewer can look at that person (a person who in theory means nothing to him or her) and feel something. There is mystery and hope in that.
Gregory Halpern
Photographs not taken est un recueil de textes de photographes réunis par Will Steacy
Peut-être jamais ne le referai-je.
Et cette fois, c'était la première.
L'unique, donc.

Quelques heures à peine auparavant, j'étais encore dans un autre pays, dans un autre matin... dans un avion, plus exactement.
Alors que j'essayais de m'habituer à l'heure, à la langue, à la chaleur, à la topographie,
je m'engageai dans une petite rue, attirée autant par le hasard que par l'ombre.

Elle était assise sur le trottoir.
Les sacs déposés à ses pieds témoignaient d'une séance de magasinage.
Ni le temps ni le reste du monde ne semblaient avoir de prise sur elle tandis qu'elle tournait lentement les pages de son livre, expirait longuement la fumée de sa cigarette.

Si j'avais réfléchi, sans doute n'aurais-je pas demandé à la photographier.
Pas davantage ne me serais-je passée de son autorisation.
Si j'avais réfléchi, je ne l'aurais pas prise en photo.
Car, au moment même où je le fis, je sus que le cliché ne vaudrait rien, qu'il ne m'intéresserait pas, que je ne le conserverais même pas.

C'est notre échange -bref, gai- qui donna toute sa valeur à l'instant. 

lundi 19 novembre 2012

LES LUNDIS DE LA PHILOSOPHIE

 4- Les relations avec autrui prennent-elles nécessairement la forme du conflit ? (31.01.89)

Vous tentez de répondre au problème posé : des remarques parfois pertinentes. Mais il est bien dommage que certains points n'aient pas été développés (cf l'allusion à Rousseau ou au dépassement possible du conflit chez Hegel). Approfondissez votre réflexion. 
12/20

samedi 17 novembre 2012

il dit :

Elle parlait un français approximatif
et
elle m'envoyait chercher du fromage 
régulièrement. 
Je m'obstinais à demander du 
"fromage des dames". 
J'ai mis longtemps 
avant de comprendre 
que les dames
n'avaient rien à voir
là-dedans 
!

samedi 10 novembre 2012

il (me) dit :


bon appétit
chéri
!!!!!!!!!!!!!

dimanche 28 octobre 2012

HISTORIENNE DE L'AVENIR

En ramassant les éclats du bol, je n'avais pas davantage d'états d'âme qu'en descendant les quatre poubelles emplies de mes archives dont le temps qui passe me prouve l'inutilité. 
Je n'ai ni jeté ni relu les journaux du temps où vivre me semblait si compliqué.
Sont-elles déjà passées, celles dont je parlerai comme de mes meilleures années ?
Je préfère attendre le tout dernier moment pour en juger.
Elle pensait au marc et, quand mon café me fut servi, me dit : "tu pourrais y lire ton avenir"

samedi 27 octobre 2012

il dit :

J'suis trop intense pour toi aujourd'hui ! 
J'vais aller pleurer un bon coup 
et me reposer !

jeudi 25 octobre 2012

Lire dans les villes (3 : à Montréal avec Dany Laferrière)

Quitter New York signifiait rentrer.
Mais là où je revenais, tout avait changé
-la saison, les couleurs, le quartier-

Afin de panser
mes troubles de l'identité
j'y  ai passé une journée.
Je remonte la rangée vers les toilettes. Longue file d'attente. Un type arrive et se place à côté de moi. On se regarde un moment. Puis, brusquement, sans ambages : 
-D'où venez-vous ? me demande-t-il en anglais avec un fort accent français. 
Ce n'est pas la première question qu'un Américain vous poserait. Il voudrait plutôt savoir ce que vous pensez de la déclaration de Magic Johnson. L'Américain blanc croit qu'un Noir a toujours de bons tuyaux sur n'importe quel autre Noir. Le Français veut plutôt savoir d'où vous venez. 
-De mon siège, 173. 
-Je ne parle pas de votre siège... 
-De Los Angeles. J'ai pris l'avion à l'aéroport, comme tout le monde. 
Autour de nous, on commence à s'intéresser à notre conversation et le type à se demander si je ne me paie pas sa tête. J'étais plutôt embêté par la brutalité de la question.
-Je veux savoir de quel pays vous venez, reprend-il sur un ton impérieux. 
Moment de gêne dans la file. 
-Avez-vous perdu un esclave ? je finis par répondre. 
Une jeune femme, pas trop loin de moi, éclate de rire. Il n'y a rien de mal à vouloir connaître le pays d'origine de quelqu'un. Cela permet à certains de rêver et d'avoir une histoire à raconter à leur femme en rentrant. Ils peuvent toujours leur dire qu'ils ont passé un bon moment dans l'avion avec un Sénégalais, un Polonais, un Tchadien ou un Malgache. Je comprends tout cela, sinon pourquoi voyagerait-on si l'ailleurs ne nous fascinait pas ?
Mais il y a une manière d'aborder la question je crois. On peut toujours commencer par lier un peu connaissance avec celui ou celle dont les origines nous intéressent en tenant compte du fait que certaines personnes peuvent être plutôt réticentes à se livrer ainsi au premier venu. Ou, pire, peut-être qu'elles en ont marre de répondre à cette question à laquelle elles croyaient avoir fini de répondre. D'autres réservent leur réponse à la police, aux agents de la douane et aux fonctionnaires du ministère de l'Immigration et du travail. Si vous n'appartenez pas à ces grandes institutions d'Etat, alors il faut des gants. Genre : Bonjour monsieur, comment ça va, et la santé ? La famille se porte-t-elle bien ? Les enfants sont-ils premiers à l'école ? Je suis ravi, vous savez, de cette rencontre, mais par ailleurs d'où venez-vous ? Du Bénin, du Sénégal, d'Haïti, du Zaïre, du Mali ou de la Guinée ? A un moment donné, la personne trouvera que vous en avez assez fait et répondra gentiment à votre question. 
-Du Mali... Et vous ?
Surtout, n'ayez pas l'air surpris. Acceptez le fait que, vous aussi, vous avez des origines et que, vous aussi, vous êtes exotique et vous exhalez le parfum de l'aventure pour l'autre. Il n'y a rien de plus offensant que de demander à quelqu'un, en retour, ses origines et de le voir vous regarder comme s'il n'était pas inscrit sur son front qu'il est Français, Américain, Anglais ou Allemand. En définitive, qu'il est un Blanc. Le Nègre vient d'un lieu; le Blanc d'une race.
Dany Laferrière. Cette grenade dans la main du jeune nègre est-elle une arme ou un fruit ?

lundi 8 octobre 2012

Anatomie du souvenir

Tout le temps qu'a duré mon voyage
-à peine trois stations, à peine cinq minutes-
l'homme a gardé la tête penchée vers sa lecture.
L'aurait-il relevée qu'il aurait vu mes yeux, sur lui fixés
-que je n'aurais pu, n'aurais su, détourner-
et en aurait-il été surpris que j'aurais pu lui expliquer.

Vous savez, mais si ! ça vous est forcément arrivé, à vous aussi, un jour où vous attendiez le métro l'esprit vacant, un jour où dans le rayon "petit déjeuner" d'un supermarché, vous tendiez le bras vers un paquet de café, un jour où vous n'aviez pas soif mais où vous êtes entré dans un café pour vous abriter d'une averse, un jour où vous étiez dans la voiture d'un collègue qui a allumé la radio, un jour où... Enfin vous voyez ce dont je veux parler, vous savez ces moments où tout à coup vous entendez une chanson qui pour une raison, pour une autre, vous transporte sans prévenir dans une autre période de votre vie. 

C'est l'effet que m'avait fait la vue de son visage
qui ressemblait tellement à un autre
-que j'aurais juré avoir oublié-
et si je persistais à le regarder avec autant d'insistance,
c'était en attendant que mon coeur cesse de battre,
si fort.

dimanche 30 septembre 2012

Le dernier jour du reste de la vie

Le dernier jour dans les villes, comme toujours, je regardais vivre les gens.

Et vous ?
Et vous ? Que feriez-vous ?
 Imaginez ! 
Votre train, votre avion part demain, 
que feriez-vous ?

Finalement,
j'ai vécu ces journées avec autant d'inconséquence que si elles avaient été les dernières
de ma vie.

jeudi 27 septembre 2012

réha(bili)ter sa vie

 Tu redécouvres ta vie 
comme le vêtement d'une autre saison, 
que tu avais un peu oublié
 et que tu enfiles avec curiosité 
dans le souci de savoir
 quelles modifications il faut y apporter 
pour qu'il soit à nouveau à ton goût 
et
 à tes mesures.

mercredi 26 septembre 2012

MIND 
MAP

 rue de la source
chaussée de Charleroi
rue américaine
rue du page
chaussée de Waterloo

J'ai marché
mais en réalité
j'étais ailleurs.

lundi 24 septembre 2012

Chute parachute* (un dimanche historique)

Se souvient-on de tous les endroits qu'on a habités ? Il me semble, personnellement, que j'en ai habités plusieurs : plusieurs appartements, plusieurs maisons, plusieurs routes et rues, plusieurs régions, villages, villes et banlieues, et trois ou quatre pays. Si je ferme les yeux et tente d'en faire une recension sérieuse, mon esprit s'égare dans les chiffres; cela va chercher dans les vingt, quarante ou cent lieux distincts. Le problème est de savoir si la prétention d'habiter -ou d'avoir habité - quelque part repose sur une simple question de durée d'occupation. Peut-on dire d'un prisonnier qu'il habite en prison, d'un élève qu'il habite au pensionnat, d'un soldat qu'il habite à la caserne ? Habite-t-on quelque part quand on est en voyage ?
Luc Bureau. Géographie de la nuit
Dans les rues, les avenues, les ruelles, elles égrenaient leurs souvenirs :
une cartographie, un arbre abattu, une nichée d'hirondelles, un mauvais chien, une petite fille qu'on appelle Nadia...
Moi qui, de leurs vies, ne connaissais que l'ailleurs, j'en découvre l'ici.

*Chute/Parachute est une pièce de Michel Gonneville

dimanche 23 septembre 2012

Le paysage comme distance optique

Du fait que le paysage soit un "espace à portée du regard", on ne se poste pas n'importe où pour l'embrasser. On se poste de loin, on s'accorde un recul. La hauteur de vue assure une profondeur de champ maximale, mais la vue plongeante n'est pas impérative. Du satellite ou d'un avion à haute altitude, le champ de vision est amplifié (il embrasse des distances considérables) mais l'espace embrassé est dilué dans une abstraction planétaire, colorée, contrastée, mais écrasée, aplanie. En revanche, une trop grande proximité interdit la vue d'ensemble; privilégiant le détail, l'anecdote.
Maurice Rona. Paysages II, in Hérodote, juillet-septembre 1977

samedi 22 septembre 2012

Le dépaysement

INTERDICTION DE NOURRIR 
LES ÉCUREUILS
LES PIGEONS
LES GOÉLANDS

jeudi 20 septembre 2012

Le mot travail correspond à plusieurs sens : le travail en tant qu'activité économique, le travail en tant que facteur de production et le travail comme valeur économique.

Nous avions rendez-vous sous la verrière.
Dans sa salle de travail, il y avait un ordinateur, un tableau. Et un piano à queue.
Plus tard, la poitrine de la chanteuse palpitait, les archets s'agitaient en rythme.
Tous, sur scène, ils travaillaient.


mercredi 19 septembre 2012

Loin de Schengen

Où vivez-vous ?
Qu'est-ce que vous y faites ?
Où allez-vous ?
Pourquoi ?
Pour combien de temps ?
Et après ?
Vous voyagez seule ?