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dimanche 15 juillet 2012

m.e.r.c.i

Après l'avoir bu face au mont Fuji ou, quotidiennement, sur mon balcon, maintenant que je suis loin de Tokyo, c'est dans un train, tandis que le paysage voyage sous mes yeux, que je préfère boire mon thé oolong. 
En pur Anglais, Brandon a dit que les Américains étaient paranos. Mais en France alors. On n'a pas besoin d'avoir des armes à la maison, nous. On se méfie en permanence de tout le monde. 
Nous savons nous méfier aussi bien que râler, ce qui n'empêche pas la bonne cuisine.
Jean-Pierre Ostende. Et voraces ils couraient dans la nuit.

lundi 14 mai 2012

"Je n'ai pas de jardin mais j'ai plusieurs tiroirs"*

quant à moi
j'ai remarqué
que ma capacité
à me déposséder
augmentait
ma capacité
à respirer
*Jean-Pierre Ostende. La présence.
 Les objets nous aident à évaluer le déroulement de notre existence. Ils nous servent à définir notre personnalité, disent qui nous sommes et qui nous ne sommes pas. Ce rôle sera parfois endossé par un bijou, d'autres fois par le mobilier de notre habitation ou par les biens dont nous ne nous séparons jamais, ou encore par nos vêtements. 
(...)
Jeter un objet -même inutile- sur lequel je ne pose pas les yeux plus d'une fois par an serait aussi douloureux que de me séparer d'une part de ma vie. Mais garder cet objet sans l'utiliser me procure un sentiment semblable au reproche silencieux murmuré à notre oreille à chaque fois que nous ouvrons un placard plein de vaisselle. Ce même reproche, le mur couvert de livres qu'on n'a pas encore lus nous le renvoie en écho. Une fois qu'on en a fini avec eux, ils nous demandent, d'abord tout bas, puis avec de plus en plus d'insistance : prendras-tu un jour le temps de nous relire ?
Deyan Sdjic. Le langage des objets

dimanche 29 avril 2012

BORING AREA

Au Blade Runner il ne fallait pas faire la tête ni être sinistre sinon ce n'était pas la peine de venir ici, il valait mieux fréquenter un cafard club ou un breakdown coffee (chaîne de bars pour dépressifs). 
Ici, au Blade Runner, vous étiez vite dans le collimateur si vous étiez sinistre. 
Si l'on s'apercevait qu'un client s'ennuyait, un Nicolas Sabbatini (tous les garçons s'appelaient Nicolas Sabbatini) s'approchait et vous disait avec le sourire : "Vous vous ennuyez ? Puis-je vous aider ? Excusez-moi mais vous connaissez la règle de l'établissement ? C'est la première fois ? La première fois que vous venez ? Ah... Vous n'avez pas lu les affiches... Eh bien voilà... Vous êtes dans un espace gaieté & santé... S'ennuyer n'est pas autorisé. S'ennuyer provoque des maladies graves. S'ennuyer nuit à votre entourage. Vous n'avez pas vu les annonces ? Il y a un espace Ennui sur le trottoir devant la porte. Un boring area. Vous voyez le pictogramme du penseur de Rodin... Non, ce n'est pas une plaisanterie. Vous comprenez le français ? Do you speak french ? I'm not kidding... Je ne plaisante pas... Getting bored is not allowed. S'ennuyer n'est pas autorisé. Alors, si vous voulez bien me suivre..."
Jean-Pierre Ostende. La présence.

jeudi 26 avril 2012

l' épopée

Quels autres accessoires d'humanité glisserais-je dans mon sac que ceux que j'y ai mis ce matin
-livre-carnet-thermos de thé-
si je partais en expédition dans une contrée lointaine et hostile ?

Mais existe-t-il territoire plus inhospitalier dans le monde qu'une zone commerciale de périphérie ?
"Il se pourrait que bientôt je travaille à un "Guide pour voyager sans rencontrer personne". Mais ce n'est pas encore sûr, voilà pourquoi je n'en parle pas encore." Jean-Pierre Ostende. La présence.