Le goût de chacun ne peut se former que par la recherche du meilleur et donc de la singularité. Aussi le parcours du lecteur ne peut être que solitaire. Le lecteur -où qu'il lise- se doit d'être, obstinément, un aristocrate.Frédérique Pernin
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dimanche 17 février 2013
L'exigence
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jeudi 7 février 2013
1 en français dans le texte
A titre de punition supplémentaire, je dois parler français tout l'après-midi. J'ai été obligée de vous raconter tout cela en anglais, parce qu'il y avait des tas de mots qui me manquaient en français, Mais maintenant, nous parlons français.1-Oh, très bien, très bien", dit Mrs Stossen sans entrain. Dans les moments d'énervement, le peu de français qu'elle connaissait ne lui venait pas naturellement aux lèvres. "Là, à l'autre côté de la porte, est un cochon...-Un cochon ? Ah, le petit charmant ! s'exclama Matilda avec enthousiasme.-Mais non, pas du tout petit, et pas tout charmant; un bête féroce...-Une bête, corrigea Matilda. Cochon est masculin, mais si vous vous mettez en colère et que vous le traitiez de sale bête, alors c'est féminin. Le français est une langue où les questions de sexe sont mal définies, vous savez.-Bonté divine, alors parlons anglais, dit Mrs Stossen.
Saki. La fenêtre ouverte.
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mercredi 6 février 2013
chien, loup
ça aurait pu mais non
c'est ce qu'il a pensé mais non
c'est pour ça qu'il m'a souri mais non
il a cru le faire en retour je sais mais non
je souriais oui sur le trottoir de l'avenue oui
mais ni à lui ni aux autres ni à personne non
je souriais au crépuscule et au ciel tourterelle oui
je souriais à tous les jours à venir et aux soirs aussi
je souriais à l'ici mais à l'ailleurs aussi
à ce qui a été et à ce qui sera et au bonheur aussi
mardi 5 février 2013
Tuesday self portrait (insensible)
mais
je ne les fais plus tirer,
les pellicules impressionnées.
Dans un tiroir
les rouleaux
et
les villes se mélangent.
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Tuesday self portrait
samedi 22 décembre 2012
Un samedi de pluie
Plus tôt dans la semaine, il faisait gris et il y avait dans l'air la mélancolie d'un jour férié, d'une pile de vaisselle sale, de la sonnerie d'un téléphone que personne ne décroche.
Assis sur le tapis, nous avons feuilleté des livres de photographie.
Dans mon appartement dépeuplé, à présent nos voix résonnent.
Je me suis progressivement absorbée dans ma tâche. Quand j'hésitais entre garder et jeter, je choisissais toujours de jeter. La sensation de netteté que j'éprouvais au moment où toutes ces choses bourrées de vieux souvenirs quittaient mes doigts m'était agréable.J'étais dans un tel état d'esprit que je n'aurais pas pu ne pas ranger ma chambre de fond en comble. Au fur et à mesure que le bruit de la pluie se faisait plus violent, le soir s'épaississait de l'autre côté de la vitre. Alors que je classais, l'une après l'autre, de vieilles lettres, changeais l'ordre des disques ou taillais mes crayons, il m'est venu à l'idée que ce travail n'aurait jamais de fin. J'avais l'impression que les choses débordaient de ma mémoire, interminablement comme des gouttes de pluie. Néanmoins, je restais étrangement absorbée, sans ressentir de dégoût.Yoko Ogawa. Un thé qui ne refroidit pas.
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dimanche 11 novembre 2012
A tribute to ordinary days
Du soleil, une terrasse déserte, une serveuse dont j'apprends qu'elle est Roumaine,
le récit qu'elle me fait.
Je suis arrivée en août 2001.
Je ne parlais pas français, j'ai appris en travaillant.
J'écrivais tout, j'apprenais comme ça.
Peu après mon arrivée, un groupe était en terrasse, j'ai noté toute la commande.
J'avais rassemblé tout ce qu'on m'avait demandé sur un plateau, à l'exception d'une chose, que j'avais notée mais que je ne trouvais pas : ni dans le frigo, ni ailleurs.
Mon patron m'a demandé ce que je cherchais.
Je lui ai répondu : Rien.
C'est ce que j'avais noté.
C'est ce qu'un des clients désirait.
le récit qu'elle me fait.
Je suis arrivée en août 2001.
Je ne parlais pas français, j'ai appris en travaillant.
J'écrivais tout, j'apprenais comme ça.
Peu après mon arrivée, un groupe était en terrasse, j'ai noté toute la commande.
J'avais rassemblé tout ce qu'on m'avait demandé sur un plateau, à l'exception d'une chose, que j'avais notée mais que je ne trouvais pas : ni dans le frigo, ni ailleurs.
Mon patron m'a demandé ce que je cherchais.
Je lui ai répondu : Rien.
C'est ce que j'avais noté.
C'est ce qu'un des clients désirait.
lundi 12 décembre 2011
LE TEMPS RETROUVÉ
CHAPITRE 1 : LES ORIGINES
Il avait fait chaud, ce jour-là. Et nous avions marché, ayant saisi le prétexte d'une exposition dans un château pour passer une journée ensemble, tous les quatre, comme nous aimions le faire en été. Il faisait chaud et nous étions restés un moment, sur ce banc. Seule, je m'étais levée et j'avais tourné autour d'eux comme une grosse mouche, le visage dissimulé derrière mon appareil et eux s'étaient laissé faire.
Plus tard, les négatifs en mains, j'avais pensé qu'ils étaient beaux mais j'avais craint qu'eux se voient seulement vieux.
A présent je les regarde et cette image de leur âge figé me sert parfois de miroir, me fait espérer leur ressembler et m'arrêter sur un banc, moi aussi, avant de continuer à vieillir.
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