Je ne sais pas ce que je ferais sans elle. Elle comprend mes cheveux. Il y a longtemps que j'ai renoncé à rien en faire moi-même. Pour moi, les cheveux sont comme les maris : tant que l'on vous voit ensemble en public, peu importent les divergences que l'on peut avoir dans l'intimité.Saki. La fenêtre ouverte.
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mardi 12 février 2013
Tuesday self portrait (les rendez vous)
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mercredi 5 décembre 2012
La chevelure
L'alerte à l'éruption de la Soufrière avait-elle seulement coïncidé avec notre départ de l'île ou l'avait-elle hâté ? Dans tous les cas, elle avait donné lieu à l'évacuation des populations avoisinantes qui avaient été hébergées dans les locaux habituellement dévolus à notre centre aéré.
De mon jeune âge, je n'ai pas les vestiges qui me feraient dire
j'ai bu dans ce gobelet, j'ai aimé cette poupée, j'ai porté cette gourmette
Une natte de cheveux, soyeuse, souple,
Gustave Flaubert. Lettre à Mademoiselle Leroyer de Chantepie. Croisset, le 18 février 1859.
Insensible, alors, au danger encouru par les personnes, j'avais surtout trouvé cela profondément injuste que ces événements nous forcent à partir sans pouvoir emporter mes petits travaux d'enfant.
Très vite, cependant, je ne l'ai plus regretté : combien de temps aurais-je conservé ces minuscules(1) réalisations qui m'auraient systématiquement rappelé ces journées obligées de vie en société(2), ces voyages dans un bus empli d'enfants qui criaient trop fort pour moi :
on est arrivés-vés-vés au centre aéré-ré-ré
???
De mon jeune âge, je n'ai pas les vestiges qui me feraient dire
j'ai bu dans ce gobelet, j'ai aimé cette poupée, j'ai porté cette gourmette
Non.
Ce que je garde a été moi.Une natte de cheveux, soyeuse, souple,
vivante(3)
et si courte dans mes mains adultes alors qu'elle tombait si bas dans mon dos de toute petite fille.
(1)Minuscules et certainement ridicules car mon inaptitude aux choses manuelles a été précoce.
(2)Car précoce également fut ma préférence pour la solitude et s'il n'avait tenu qu'à moi...
(3)Si les cheveux, contrairement à la légende qu'on entend souvent, ne poussent plus après notre mort, ils sont néanmoins imputrescibles. La natte de mes 5 ans pourrait donc me survivre infiniment.
Combien votre lettre m'a ému avec la description de votre vieille maison pleine de tableaux de famille. Comme cela fait rêver, les vieux portraits ! Je vous aime pour cet arbre, ce noyer que vous aimez. Pauvre chose que nous ! Comme nous nous attachons aux choses ! C'est surtout quand on voyage que l'on sent profondément la mélancolie de la matière, qui n'est que celle de notre âme projetée sur les objets. Il m'est arrivé d'avoir des larmes aux yeux en quittant tel paysage. Pourquoi ?
Gustave Flaubert. Lettre à Mademoiselle Leroyer de Chantepie. Croisset, le 18 février 1859.
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jeudi 15 novembre 2012
Une professionnelle
-Vous êtes photographe ? m'a-t-elle demandé après que j'eus rangé mon appareil.
J'ai secoué la tête en riant.
Puis elle a travaillé en silence.
J'ai secoué la tête en riant.
Puis elle a travaillé en silence.
Il apprend qu'à la base il n'existe pas un seul coiffeur qui coupe les cheveux deux fois de la même manière. Dans son cas, c'est ou bien parce qu'il ne parvient pas à demander ce qu'il veut deux fois de la même façon, ou bien parce que le coiffeur ne comprend pas la demande de la même manière ou bien parce que, même si la coupe est la même, les cheveux, surpris dans une phase déterminée de poussée, qui deviendra sans doute quelque peu différente dans quelques minutes, dans quelques heures ou dans quelques jours, de la phase où ils ont été coupés la fois dernière, interprètent et modulent la coupe de façon différente, en la faisant souvent dévier de son sens d'origine. Il apprend l'insatisfaction. Quelle insatisfaction ? L'insatisfaction qu'on ne les lui coupe pas bien, qu'on les lui coupe bien mais que cet effet bien ne dure que quelques jours, que la coupe splendide illustrant la photographie d'un magazine qu'il a apporté comme modèle pour sa coupe ne colle pas avec ses cheveux, ou colle mal avec son visage, ou sympathise et colle bien mais le transforme en stupide portrait de couverture de magazine.
Alan Pauls. Histoire des cheveux.
vendredi 21 septembre 2012
Le cabinet des rêves 89
Je suis avec R., nous marchons en parlant et je ne m'interromps pas quand je vois Guillaume et Nicolas D. sur le trottoir : je leur fais juste un signe en passant.
Nous arrivons dans une parcelle d'herbes appartenant aux F. dans laquelle nous savons qu'ils veulent planter des rosiers.
R. m'apprend qu'il m'appellent avec un nouveau surnom (Bourrepif ??? Grossous ???), le même qu'ils utilisaient pour la désigner, elle, avant.
Or, c'est un nom qui n'a de rapport ni avec elle, ni avec moi.
R. m'apprend qu'il m'appellent avec un nouveau surnom (Bourrepif ??? Grossous ???), le même qu'ils utilisaient pour la désigner, elle, avant.
Or, c'est un nom qui n'a de rapport ni avec elle, ni avec moi.
Plus tard, elle et E. me font remarquer que j'ai "l'air d'un sosie" maintenant, contrairement à avant où j'étais plus originale.
Ils me conseillent de porter à nouveau les cheveux très courts.
L. renchérit en disant qu'il aimerait vraiment me voir porter les cheveux rasés à l'exception d'une petite houppe sur le front.
Rêve du 15 août 2012
mardi 17 avril 2012
Tuesday self portrait (Fortes averses et vent soufflant fort : 70 km/h en rafales)
Je donnerais volontiers deux conseils à toutes les jeunes femmes : coupez-vous les cheveux et apprenez à conduire une automobile. Ces deux choses-là changent le cours de l'existence. Les cheveux longs ont vraiment été une forme d'esclavage tout au long des millénaires qu'a duré l'histoire; avec une crinière que l'on peut coiffer en une minute et à travers laquelle le vent peut souffler, on se sent soudain bien plus libre que les mots ne peuvent l'exprimer. Et, étant donné qu'ici on ne porte pas de corset, on est vraiment en mesure de se mouvoir à l'égal des hommes. Si cela m'allait, je porterais des pantalons, ici, des shorts comme en portent beaucoup de dames; mais, malheureusement, je n'ai pas les jambes ni le courage moral qu'il faut...Karen Blixen. Lettres d'Afrique. Janvier 1923
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mardi 13 mars 2012
Tuesday self portrait (sans rendez-vous)
Paris, 14 mars 1942.
Une coiffeuse, à qui la Doctoresse parlait du bombardement, lui dit :
"Je n'en ai pas peur. Les morts sont plus heureux que nous!
-Mais vous n'en savez rien !
-Si ! Ce qui me le fait penser, c'est qu'aucun n'est jamais revenu."
Kirchhorst, 12 mai 1942.
Suis allé en voiture chez le coiffeur. Là, conversation sur les prisonniers russes que l'on prend dans les camps comme main-d'oeuvre.
"Il doit y avoir de sales types parmi eux. Ils prennent la pâtée des chiens pour la bouffer !"
Noté mot pour mot.
Ernst Jünger. Premier journal parisien.
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mardi 27 décembre 2011
Tuesday self portrait (Matière première III)
Il rêve d'un monde meilleur, d'un monde où les coiffeurs -comme les médecins le font avec les histoires médicales- sauraient partager, divulguer, enrichir jour après jour les histoires de la vie des cheveux de leurs clients, de façon que chaque fois que quelqu'un commettrait l'imprudence d'entrer dans un salon de coiffure pour la première fois, chaque fois que quelqu'un comme lui maintenant, par exemple, se lèverait, sentant les dernières gouttes d'eau glacée dégouliner dans son cou, et avouerait ce qui tôt ou tard le mènera à la tombe, que non, qu'il ne se fait couper les cheveux par personne en particulier, qu'en réalité, c'est la première fois de sa vie qu'il vient se faire couper les cheveux dans ce salon de coiffure, le coiffeur sera sur le point de lui être attribué, qui dans quelques secondes le verrait, lui aussi, pour la première fois de sa vie, pourrait au moins avoir en sa possession, dans ses doigts, comme disent les pianistes du répertoire à propos des pièces qu'ils sont toujours en mesure de jouer, quelles que soient les circonstances, sans avoir besoin de la moindre préparation, tout ce qu'il a besoin de connaître de lui afin de savoir quoi lui faire lorsqu'il aura pris place dans le fauteuil.
Alan Pauls. Histoire des cheveux.
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samedi 3 décembre 2011
samedi 9 juillet 2011
31. CORPORATION NATIONALE DES GENS QUI SAVENT CE QU'IL FAUT FAIRE ET LEURS LOCAUX SCIENTIFIQUES (toutes les maisons ou locaux de la communauté des gens qui savent ce qu'il faut faire et l'ensemble desdits gens eux-mêmes). (Gens qui savent ce qu'il faut faire : médecins, homéopathes, guérisseurs (tous les chirurgiens), sages-femmes, techniciens, mécaniciens (toutes les sortes de techniciens), ingénieurs de seconde catégorie ou architectes dans leurs domaines respectifs (tout exécuteur de plans déjà tracés, tels qu'un ingénieur de seconde catégorie), l'ensemble des classificateurs, les astronomes, les astrologues, les spirites, tous les hommes de loi, ou de lois (tout expert), les classificateurs d'espèces génériques, les comptables, les traducteurs, les instituteurs (tout compositeur), les limiers -de sexe masculin- aux trousses des assassins, cornacs ou guides, greffeurs de plantes, coiffeurs, etc.)
"-Ce serait un beau pays pour les coiffeurs, dit Talita en se jetant sur le lit et en fermant les yeux. Quelle promotion !"
"Il y a un moment dans sa vie où il commence à penser aux cheveux comme d'autres pensent à la mort. Ce n'est pas que de but en blanc, ah ! les cheveux ! Non, il ne découvre pas tout d'un coup quelque chose qu'il ne connaissait pas. Il a toujours su que les cheveux se trouvaient là, blottis dans un coin, mais il a parfaitement pu vivre sans en tenir compte, sans subir leur présence. Il ne découvre pas une expérience mais une dimension; pas quelque chose que sa vie n'aurait pas pris en compte jusqu'alors : quelque chose qui était déjà en lui, en train de travailler en silence, avec une patience de rongeur, dans l'attente du moment opportun pour se réveiller et commencer à émettre les premiers signes d'une vie visible."
Alan Pauls. Histoire des cheveux.
Julio Cortàzar. Marelle.
Alan Pauls. Histoire des cheveux.
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mardi 5 juillet 2011
Tuesday self portrait (etc)

"L'âme et les cheveux sont toujours de la même couleur à des nuances près. Il est vrai que les nuances importent : la crinière féminine revêt plus de trente teintes parfaitement différentes et caractérisables par des mots précis, dont la moitié sont prononcés journellement, mais un peu à l'aventure. Ces teintes se mêlent et s'entremêlent à l'infini et la vue même peut à peine les définir par immédiate comparaison; cela est si vrai que, vous le savez bien, on ne peut réassortir des cheveux. Ne serait-il pas amusant d'ordonner une classification des caractères de femmes sous le vocable des nuances de leurs cheveux ? Il suffirait de déterminer le ton exact pour se prononcer sur le caractère, les facultés passionnelles, le penchant à l'amitié ou à l'amour, le sentiment du devoir, la tendresse maternelle, etc."
Julio Cortàzar. Marelle.
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jeudi 23 juin 2011
Séduire par les cheveux
"Là où les mots échouent ou sont inutiles, les cheveux peuvent devenir des alliés, un moyen de communication plus direct. C'est ainsi que certains gestes deviennent plus éloquents qu'un discours.
Comment le séduire, suivant la manière dont il dispose ses cheveux ?
Comment le séduire, suivant la manière dont il dispose ses cheveux ?
Le front dégagé
Soyez discrète, suggérez, n'insistez pas, il aime avoir l'impression d'être libre de choisir.
La raie au milieu
Touchez sa sensibilité tout en restant mesurée, évitez les superlatifs. Il devra vous trouver brillante.
Le front en partie caché
Soyez entreprenante, n'attendez pas qu'il commence, engagez vous-même les premiers contacts. N'hésitez pas à faire de l'esprit et à l'amuser.
Le front totalement caché
Ne lui montrez pas vos intentions, apprivoisez-le doucement, parlez-lui des étoiles... ou de son hobby, juste avant de l'embrasser.
Les oreilles cachées
C'est un être à séduire en demi-ton, qui réclame douceur et tendresse.
Une oreille cachée, l'autre découverte
Apprivoisez-le. Commencez par être illogique, continuez en étant tendre, mais demeurez imprévisible, déroutante.
Les cheveux descendant sur les tempes
Il rêve de vous entendre dire qu'il vous plait. Ne le faites pas car vous perdriez vos meilleures cartes.
Les cheveux partant vers le haut ou l'arrière, au niveau des tempes
Soyez comme vous avez envie d'être : naturelle !"
Hélène Clauderer. Des cheveux pour la vie.
mardi 14 juin 2011
Tuesday self portrait (short cut)
il te va très bien ce tee shirt
ça te grandit ah mais t'as raccourci on dirait un petit garçonon dirait ta mère C'est chouette
t'as tout fait tomber houla
c'est vrai que ça te va bien t'as débroussaillé la colline
tu t'es fait tailler un costard
c'est spécialement pour la soiréeoh t'es mignonne
c'est pour la soirée transsexuel
ça te va très bien, si je trouvai ça moche, je l'aurais pas dit
super
ça te change
elle a vendu ses cheveux
oh la la
mais t'avais pas un chapeau tout à l'heure
mais t'avais pas un chapeau tout à l'heure
c'est tout court c'est super
ça vous va bien les cheveux courts comme ça
super la coupe je préfère, même, là, tu vois
ça donne un air dynamique
ça te va vachement bien, c'est vrai, non
t'as tout coupé, toi
t'as tout coupé il vous restera plus rien bientôt
on va plus savoir qui est le garçon et qui est la fille
oh mais tu t'es coupé les cheveux
t'as plus de cheveux
c'est trop, ta coiffure
on voit que c'est le printemps/t'es la première personne que je vois comme ça/hop avec les cheveux longs, et puis/c'est bien je vous vois mieux/tu t'es coupé les cheveux, c'est à la garçonne/c'est vrai que ça te va bien/c'est plus pareil/tu es très élégante/je connais votre soeur/j'adore les filles aux cheveux courts/très joli/j'aimais mieux avant, je préfère les cheveux longs, mais c'est bien/t'as fait une nouvelle coupe, ouais ouais, pas mal/tu ressembles à Béatrice Dalle/ça me plait beaucoup/t'es teenager/c'est le printemps, t'as tout coupé/tu t'es pas fait couper les cheveux/ça te fait une petite tête, j'aime bien les petites têtes/oh mais c'est très bien, c'est comme ça que tu es/j'avais pas remarqué que ça t'allait bien/tu t'es pas fait couper les cheveux, t'es jolie/c'est mignon
Isabelle Jelen. Nouvelle coiffure
Isabelle Jelen. Nouvelle coiffure
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dimanche 12 juin 2011
Les années (1984)
Il y avait eu un précédent.
Alors qu'elle avait à peine cinq ans, sa tante avait natté ses longs cheveux et, sans rien lui demander, les avait coupés dans le bas de la nuque.
Il y avait donc eu une séance, en urgence. Et la coiffeuse avait coupé encore davantage, pour donner une forme au carnage.
Ce jour-là, en revanche, sa soeur aînée l'avait consultée, avait tout organisé et l'avait accompagnée.
Dans le miroir, elle avait vu ses longs cheveux tomber par paquets, la faire passer dans un autre âge, qu'elle préférait.
Et elle aurait aimé que la coiffeuse coupe encore davantage.
Mais elle s'était arrêtée en disant C'est déjà bien comme ça, pour une première fois.
samedi 11 juin 2011
Des cheveux de rêve
Les traités sur les rêves ont toujours fait une grande place aux cheveux. Quelques significations :
- être content de ses cheveux, c'est la promesse d'un nouvel amour.
- se faire couper les cheveux annonce des bénéfices.
- manger ses cheveux est un présage de joie.
- rêver souvent de ses cheveux est bon signe. Mais s'ils sont emmêlés, une action judiciaire est à prévoir. Si on les ébouriffe, on se disputera avec sa famille, et si on les lave, un chagrin surviendra... !
- rêver d'un homme avec très peu de cheveux est signe de chance et de richesse.
- rêver d'une femme chauve est présage de pauvreté et maladie.
![]() |
| Photo Henri Cartier Bresson |
dimanche 27 mars 2011
samedi 5 mars 2011
Une belle chevelure est une beauté en soi
- Si vous avez les cheveux en mauvais état, une chute abondante.
- Si vous êtes au bord de la dépression nerveuse.
- Si vous sortez d'une grave maladie, ayant nécessité antibiotiques ou cortisone.
- Si vous venez de subir une importante opération.
- Si vous êtes à la "mauvaise" période du mois.
- Si vous attendez un bébé.
vendredi 9 juillet 2010
"L'avenir, c'est le marché aux puces"
"J'ai eu la chance d'aller au marché aux puces, près du palais de justice où j'ai découvert des papiers du XVIIIème ou même du XVIIème siècle. Ce sont des papiers quasiment invulnérables.
Parfois les écritures m'inspirent, ce que raconte le papier. J'en ai fait un petit livre : L'avenir de la propriété.
A vrai dire, c'est une dérision de la propriété puisque tout finit au marché aux puces."
Pierre Alechinsky

Ça avait duré plus longtemps que d'habitude : alors qu'il était question de la mort -il me parlait de celle de Topor- le téléphone avait sonné. Il avait répondu et y était resté un long moment ce dont, reprenant ses ciseaux, il m'avait prié de l'excuser : un de ses amis dont les oeuvres seraient exposées dans le sud de la France voulait l'assurer que les livres qu'ils avaient publiés ensemble lui étaient bien parvenus.
Un mois après, en écoutant Pierre Alechinsky parcourir le musée Granet d'Aix en Provence, présenter l'exposition qui lui y est consacrée, j'ai pensé qu'il serait temps que je retourne voir mon coiffeur.
Parfois les écritures m'inspirent, ce que raconte le papier. J'en ai fait un petit livre : L'avenir de la propriété.
A vrai dire, c'est une dérision de la propriété puisque tout finit au marché aux puces."
Pierre Alechinsky

Ça avait duré plus longtemps que d'habitude : alors qu'il était question de la mort -il me parlait de celle de Topor- le téléphone avait sonné. Il avait répondu et y était resté un long moment ce dont, reprenant ses ciseaux, il m'avait prié de l'excuser : un de ses amis dont les oeuvres seraient exposées dans le sud de la France voulait l'assurer que les livres qu'ils avaient publiés ensemble lui étaient bien parvenus.
Un mois après, en écoutant Pierre Alechinsky parcourir le musée Granet d'Aix en Provence, présenter l'exposition qui lui y est consacrée, j'ai pensé qu'il serait temps que je retourne voir mon coiffeur.
vendredi 30 avril 2010
La chevelure
Je détestais que les cheveux de la fille devant nous s'étalent sur notre table.
Le garçon à côté de moi, aux fantasmes d'ondines et de plantes faites femmes les contemplait avec admiration et me disait Tu ne peux pas comprendre.
Et il avait raison.
Jamais je n'ai pu comprendre les pleurs à la sortie de chez le coiffeur, un centimètre en moins une fois par an.
Jamais je n'ai apprécié que les heures de pointe du métro déposent d'autres cheveux que les miens sur mes épaules.
Jamais je n'ai supporté le geste machinal de rassembler les mèches en pinceau et d'en contempler les fourches tout en parlant.

Je n'ai pas aimé apprendre en nettoyant mon grand appartement que la précédente locataire était brune.
Le garçon à côté de moi, aux fantasmes d'ondines et de plantes faites femmes les contemplait avec admiration et me disait Tu ne peux pas comprendre.
Et il avait raison.
Jamais je n'ai pu comprendre les pleurs à la sortie de chez le coiffeur, un centimètre en moins une fois par an.
Jamais je n'ai apprécié que les heures de pointe du métro déposent d'autres cheveux que les miens sur mes épaules.
Jamais je n'ai supporté le geste machinal de rassembler les mèches en pinceau et d'en contempler les fourches tout en parlant.

Je n'ai pas aimé apprendre en nettoyant mon grand appartement que la précédente locataire était brune.
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