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jeudi 24 novembre 2011

SALLE DE

intervention
dissection
réception
location
convention
réunion
musculation
exposition
formation
conversation
injection

"Je compris qu'il y avait de quoi revenir à la bibliothèque, que ça valait la peine d'aller là-bas pour s'asseoir mollement sur une chaise et même s'y écrouler avec fracas et pour se rappeler longuement, le plus longtemps possible, les textes qu'on avait lus avant de sortir et peut-être même avant de venir au monde."
Marek Bienczyk. TERMINAL

jeudi 3 novembre 2011

"Je t'aime. Je t'aime, j'aime", dis-je.*

*Marek Bienczyk Terminal.

Et puis, soudain, elles ont disparu de ma vie, ces filles qui disaient que, pour choisir un livre, elles en lisaient non seulement l'incipit mais aussi -et même, parfois, plus volontiers encore- l'explicit.

Cette méthode ne les amenait pas aux mêmes lectures que les miennes. 
(Et si je l'avais appliquée au livre de Marek Bienczyk, je n'en aurais rien tiré d'autre que la preuve qu'il tenait ses promesses. )

Quant aux garçons... 
C'est à croire qu'ils ne lisaient pas.
"La lecture est une expérience : ce n'est pas une "pratique culturelle". Car, s'il est évident qu'on ne peut pas séparer les livres, les oeuvres, l'art, de l'expérience concrète qu'en font les hommes vivants, on ne doit pas cependant les y réduire : s'il faut du temps pour lire ou "se cultiver", lire, se cultiver n'est pas une manière d'occuper son temps. Laisserons-nous donc les sciences sociales réduire l'expérience littéraire, la plus haute que l'homme puisse faire avec l'amour, à des sondages concernant nos loisirs, alors qu'il s'agit du sens de notre vie ?"
Danièle Sallenave. Le don des morts.

samedi 29 octobre 2011

L'obligation

"Je vais vous raconter quelque chose, c'est pour ça que je vis, d'ailleurs la plume ne tient pas à l'os nu, et vous, c'est peut-être pour ça que vous avez acheté ce livre, pour savoir ce qui se passe chez les autres, et c'est magnifique, sauf que je ne me suis rien permis de bien nouveau, moi, et que je n'ai l'intention d'aller nulle part. Mon histoire à moi parle d'amour, je le dis tout de suite."
"Peut-être devrais-je maintenant mettre un deux en chiffres romains, pour donner le temps de boire un thé et marquer une pause. Indiquer que quelques jours ont passé ou un truc de ce genre. Qu'il y a cependant une continuité dans le texte et qu'il évolue logiquement, par degrés. A ceci près que je ne suis pas pressé, moi, et que la vision de la fin ne me poursuit pas, bien que je connaisse et le dénouement et le nombre de repas en cours de route. 
Moi je suis bien comme ça et je vous remercie beaucoup. Que le thé infuse lentement et refroidisse sans hâte. Que le sucre fonde posément. Mais peut-être vous faudrait-il, à vous aussi, quelque chose de plus concret pour accompagner le thé, un petit oeuf, par exemple, mais pas à la viennoise, pourquoi tout de suite faire élégant, je recommande l'oeuf dur, quinze minutes à partir du moment où l'eau bout, on peut en ajouter deux à tout hasard. Et veillez aussi à bien étaler le beurre, mettre des morceaux froids sur la tranche ça n'a pas de sens, que le beurre ramollisse d'abord. Moi, pendant ce temps, je vais me frotter les yeux, me plaquer les cheveux et finir de boutonner ma chemise pour mériter aussi une tartine."
Marek Bienczyk. TERMINAL

Le détective qui m'aurait prise en filature, ce jour-là, n'aurait pas été essoufflé à la fin de la journée. 
Mais aurait-il décelé le but de mon itinéraire ? 
Se serait-il aperçu que l'unique contrainte de mon emploi du temps était d'être
-tout au long du jour- 
là où le soleil brillait le plus pour qu'il répande sur mon livre et sur mes bras une chaleur qui me faisait plisser les yeux ?