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mardi 11 décembre 2012

Tuesday self portrait (les heures blanches)

Au matin, mon miroir me rappela que j'avais rêvé d'une très vieille femme endormie
 après plusieurs heures d'insomnie.
Ce à quoi on n'échappe pas c'est au poids des joues, à leur mollesse ressentie par les mâchoires, à la fuite du biceps sous une poigne amicale, à la peau voyageuse, indécise sur la place à prendre sur l'os, collant aux doigts. 
Suzanne comprend de mieux en mieux le rêve d'Emmanuel de faire retendre tout ça chirurgicalement. On doit y trouver le même soulagement qu'à se laver les mains après avoir mangé de la confiture. 
Marie-Louise Haumont. Comme ou la journée de madame Pline. 

mardi 27 novembre 2012

Tuesday self portrait (la suite de tout)


Parcourant la ville elle rassemble les temps, moutons dociles, troupeau hétéroclite mais visible d'un seul coup d'oeil. Toute sa vie est là, sous la main, qu'elle visite et explore, plus vaste qu'elle ne croit, encore plus vaste, couloirs et chambres, vestibules, escaliers, portes, portes, portes toujours ouvertes, obéissantes, qu'elle pousse, au-delà desquelles elle s'engage. Et vite, vite, elle ajoute les jours qu'elle dérobe au présent à cet appartement infini et définitif. 
Un grand calme lui vient à la pensée qu'elle est mise à la retraite par les choses, les gens, les événements. Elle y trouve une paisible jouissance, non je ne sors plus de chez moi. 
Marie-Louise Haumont. Comme ou la journée de madame Pline

mercredi 8 février 2012

mercredi 30 mars 2011

Précis de topographie 56

La topographie est l'art de la mesure puis de la représentation sur un plan ou une carte des formes et détails visibles sur le terrain, qu'ils soient naturels (notamment le relief) ou artificiels (comme les bâtiments, les routes, etc.). Son objectif est de déterminer la position et l'altitude de n'importe quel point situé dans une zone donnée, qu'elle soit de la taille d'un continent, d'un pays, d'un champ ou d'un corps de rue.
La topographie s'appuie sur la géodésie qui s'occupe de la détermination mathématique de la forme de la Terre (forme et dimensions de la Terre, coordonnées géographiques des points, altitudes, déviations de la verticale...). La topographie s'intéresse aux mêmes quantités, mais à une plus grande échelle, et elle rentre dans des détails de plus en plus fins pour établir des plans et cartes à différentes échelles.

"La rue et la route vous enferment dans un itinéraire si restreint, si étroitement semblable à chaque fois que leur monotonie au lieu d'être refuge devient danger. Le corps est docile et longe quotidiennement les mêmes trottoirs; l'oeil se tourne vers les mêmes vitrines et dans ces vitrines regarde les mêmes objets, le pied se garde des mêmes pièges, le nez respire les mêmes odeurs devant les mêmes encoignures. Cela tient de l'entraînement sportif, de l'apprentissage d'une langue ou du réglage d'un ballet. Tout devient si parfaitement aisé qu'on ne peut plus imaginer la surprise. L'angoisse aussi s'estompe; l'inconnu pourrait-il encore vous surprendre derrière ces façades si intimement fréquentées ? C'est alors que, dégagée de toute inquiétude, l'imagination prend le mors aux dents. A côté des pensées familières, fidèles a rendez-vous quotidien, en vient tout à coup une nouvelle, imprévue, porteuse de tous les germes."
Marie-Louise Haumont. Le trajet

jeudi 27 janvier 2011

Tiensregardeonvas'asseoirlàonvaêtrebienprèsdelafenêtretut'assoisouilàc'estbienAttendsonvaenleverlemanteauheinOnenlèvelemanteauetonvacommanderOnvaattendrelemonsieurpourdemanderdescroissantsAhregardeilestlàlemonsieurbonjourmonsieuronvoudraitdescroissants'ilvousplaitetuncaféetunjusd'orangeavecunepailles'ilvousplaitOuituvasboireunjusd'orangeLebusAhouic'estlebusEtlàc'estletramtuasvuletramLevéloLevéloilestlàtuvoisilnebougepaslevéloAttendsjevaisappelerCaroleJevaisappelerCarolOuiCaroleAlloCarolAhelleestpaslàCaroleBennonelleestpaslàOhregardevoilàlescroissantsOuic'esttoncroissantetlàc'estlecroissantdemamanMercimonsieurTudismercimonsieurEtilyatonjusd'orangeavecunepailleIlestbonlecroissantheinOuiilestbonlecroissantTiensessuietaboucheNonpasavectonpullaveclaservietteTuveuxtonspéculoosNonc'estpasunchocolatc'estunspéculoosUnspéculoosouiEtmamanaussielleaunspéculoosNonc'estpasunchocolatc'estunspéculoosOhletéléphoneTuentendsletéléphoneC'estCarolequitéléphoneOuic'estCaroleAlloCaroleOuijet'appelaispourcetaprèsmidionseretrouveaprèslasiestedespetitsOuilàjesuisaucafémaisledeuxièmeestàlamaisonilestmalademaispourcetaprèsmidiçavaalleralorsondittroisheuresetdemied'accordçaserapastroptardOkàtoutàl'heuresalutCaroleC'étaitCaroleOuic'étaitCaroleTuasfiniTuveuxfaireduvéloOuimaispaslàbasparcequ'ilyal'escalierheinOnvapayerlemonsieuretonvayallerilestoùlemonsieurIlestdanslacuisinelemonsieurAhlevoilàMonsieuronvavousréglerçafaitcombienAllezonyvailfautremettrelemanteauahnonnecriepasOnnesortpassanslemanteauchutChutOnmetlemanteaupourfaireduvélodehorsAttendsmamanaussiremetsonmanteauAllezonyvaAurevoirmonsieurtudisaurevoirmonsieurAurevoir
"Derrière moi la mère des jumeaux expose à la Brésilienne assise de l'autre côté de l'allée sa stratégie éducative.
-Je leur donne un bonbon le soir, juste avant de les coucher. Le résultat sera de toute façon positif : ou bien je les dégoûte des sucreries parce que le bonbon est le signe de l'obligation d'aller se coucher, ou bien je leur donne le goût du sommeil parce que le sommeil est précédé du plaisir de manger un bonbon.
La Brésilienne est souverainement indifférente à ce raisonnement. Quant à moi je me demande pourquoi j'éprouve un sentiment de béatitude à entendre la mère des jumeaux exposer ses vues pédagogiques. Il est vrai que j'ai un faible pour les théories quelles qu'elles soient." 
Marie-Louise Haumont. Le trajet.

mardi 25 janvier 2011

Tuesday self portrait (ma vie de bureau)

La vue change souvent. 
Mes voisins d'openspace aussi. 
Mais, toujours, 
il y a mes carnets, mon stylo et un café noir, 
sur la table. 

Ma vie de bureau est nomade. 
 "L'obligation d'aller tous les jours au bureau m'a d'abord été douloureuse. L'idée de ne jamais pouvoir être ailleurs qu'en tel endroit précis (toujours le même) durant huit heures par jour me contrariait déraisonnablement. Sauf au mois d'août plus une seule fois jusqu'à l'âge de la retraite je ne respirerais en liberté l'odeur d'un jour de semaine. J'avais le sentiment qu'on me forçait à prononcer des voeux. A présent je suis bien aise de savoir chaque matin où je dois aller et par où je dois passer; c'est un repos dont les femmes qui ne travaillent pas ne se font aucune idée."
Marie-Louise Haumont. Le trajet"