mercredi 7 décembre 2011

Précis de topographie 92

La topographie est l'art de la mesure puis de la représentation sur un plan ou une carte des formes et détails visibles sur le terrain, qu'ils soient naturels (notamment le relief) ou artificiels (comme les bâtiments, les routes, etc.). Son objectif est de déterminer la position et l'altitude de n'importe quel point situé dans une zone donnée, qu'elle soit de la taille d'un continent, d'un pays, d'un champ ou d'un corps de rue. La topographie s'appuie sur la géodésie qui s'occupe de la détermination mathématique de la forme de la Terre (forme et dimensions de la Terre, coordonnées géographiques des points, altitudes, déviations de la verticale...). La topographie s'intéresse aux mêmes quantités, mais à une plus grande échelle, et elle rentre dans des détails de plus en plus fins pour établir des plans et cartes à différentes échelles.
Ça commence par des hélicoptères, un ballet.
Puis elle longe les rideaux de fer tirés, les terrasses barricadées, les brasseries fermées
alors que l'heure est aux chocolats chauds,
aux premiers apéros.
Les lumières tournantes des gyrophares concurrencent les éclairages de saison.
Elle entend des cris, des slogans dont elle ne distingue pas les raisons.
Elle voit de la fumée.
Elle sent la tension des corps alignés, casqués, boucliers levés.
Elle pense insurrection, manifestation,
mais aussi répression, révolution.

Elle fuit Matonge, elle allonge ses foulées,
se rappelle sa chance d'habiter un pays en paix.

lundi 5 décembre 2011

Dans ma tête

Penchée sur la casserole 
des petits choux en train de cuire
j'ai pensé que 
les ingrédients de mon automne
-choux de B.
chataîgnes
noix-
avaient tous la forme 
d'un cerveau.

dimanche 4 décembre 2011

La vie voyageuse (en Yamanote)

 La ligne Yamanote (山手線) est une ligne ferroviaire circulaire qui délimite officieusement le centre de Tokyo. Elle comporte 29 stations et le temps de parcours total est d'environ une heure. Ses trains sont de couleur acier avec des bandes vertes. Chaque jour, une moyenne de 3,55 millions de passagers empruntent la ligne Yamanote. Les trains circulent de 4h30 du matin à 1h20 avec une cadence d'un train toutes les deux minutes aux heures de pointes. Une boucle complète nécessite entre 58 et 59 minutes.

UENO
Il y a les lotus qui se balancent mollement dans un léger courant d'air. 
Il y a la chaleur saturée d'humidité, le soleil insupportable dès 9 heures. 
Il y a le petit chien qui attire les caresses, les compliments des vieilles dames et des jeunes filles. 
Il y a la peau tachée de noir des hommes qui lisent ou dorment sur les bancs. 
Il y a les guirlandes de lampions qui donnent un air de fête aux jours ordinaires. 
Il y a les oreilles des teckels soulevées par le vent, dans les paniers à l'avant des vélos. 
Il y a les stands odorants : poulpes grillés, nouilles sautées, épis de maïs chauds... 
Il y a l'homme qui lui a parlé un matin et la présente à ses amis le lendemain. 
Il y a les chats qui se roulent sur le dos en attendant les caresses, qui ronronnent. 
Il y a la peintre, face aux fleurs, qui mange son petit déjeuner à la fin de sa séance. 
Il y a le bruit des pièces dans les distributeurs, les canettes décapsulées : soda, thé vert, café au lait. 
Il y a les adolescents en bande qui croquent leurs glaces à l'eau comme des biscuits secs. 
Il y a les silhouettes anonymes en costumes, en tailleurs, qui se dirigent vers les bureaux. 
Il y a la séance de gym, près du temple. 
Il y a les carpes et les tortues, sur toutes les photos. 
Il y a les ouvriers, leurs pantalons larges, leurs chaussures plates, leur tête ceinte de beaux imprimés ou d'une serviette éponge, leur démarche assurée ou fragilisée par l'âge, leurs rires, leurs jours mis en danger par l'enchaînement des cigarettes. 
Il y a les glaces à l'italienne ou les verres de bière commandés au comptoir. 
Il y a la technologie dernier cri des appareils photo. 
Il y a les ombrelles des femmes. 
Il y a les touristes, les groupes de touristes, leurs langues variées, les photos dont ils feront le fond d'écran de leur ordinateur à la rentrée pour se rappeler ce moment que, de toute façon, ils n'oublieront jamais. 
Il y a les deux amies qui déballent le déjeuner qu'elles ont acheté au fastfood voisin, l'odeur des frites, soudain. 
Il y a les discussions quotidiennes entre ceux dont le parc est le domicile. 
Il y a les fleurs, le rose sentimental des fleurs. 
Il y a les postes de radio qui grésillent à l'heure de la retransmission du match. 
Il y a la cloche du temple, le parfum de l'encens. 
Il y a les mangas usagés, les journaux ramassés, la lecture périmée dont ils ne peuvent cependant pas se passer. 
Il y a le café avec vue sur l'étang, sur les fleurs, les chaises qui raclent le sol cimenté, les solitudes qui cohabitent, les sirops colorés sur la glace pillée, le feuilleton à la télé, les sobas froides. 
Il y a les cris des enfants aux balançoires, les échos d'un concert de rock en plein air. 
Il y a les vélos qui croisent les marcheurs, les joggeurs. 
Il y a les cigales qui ne se reposent jamais. 
Il y a la peau moite que les carrés d'éponge ne suffisent pas à sécher. 
Il y a la certitude que Ueno ne changera jamais. 

samedi 3 décembre 2011

il dit :

Et vous partez quelque part pour les fêtes 
?????????????????????????????????????


vendredi 2 décembre 2011

Le cabinet des rêves 47

Je fais photocopier mon CV. 
L'employé qui s'occupe de mes copies me fait payer très cher en francs français et la transaction est tellement rapidement menée que, plus tard, je suis incapable de me souvenir combien je lui ai donné.
Il fait les copies sans soin et je ne m'aperçois que trop tard -et je ne le lui fais pas remarquer- qu'elles comportent des marques dans le bas et que, au lieu de mon nom, il est écrit COULEUR en haut. 
Cela correspond à un code que j'ai utilisé pour distinguer les différentes versions de mon document et que j'ai oublié de retirer avant l'impression. 

Rêve du 28 novembre 2011

jeudi 1 décembre 2011

ATTENDRE L'AUTOBUS Energie active, énergie psychologique et conflits internes

Il y a l'autobus nécessaire et l'autobus facultatif.
Attendre l'autobus, cet acte si courant de la vie urbaine, est générateur d'angoisse, constructeur d'un jeu que je n'avais nul désir de jouer mais dans lequel je m'implique. On conçoit bien que c'est ce jeu qui me rend désirable -quels qu'en soient les vices- le bienheureux abri de la voiture personnelle. 
Moles. Micropsychologie et vie quotidienne.