mercredi 31 mars 2010

Précis de topographie 4


La topographie est l'art de la mesure puis de la représentation sur un plan ou une carte des formes et détails visibles sur le terrain, qu'ils soient naturels (notamment le relief) ou artificiels (comme les bâtiments, les routes, etc.). Son objectif est de déterminer la position et l'altitude de n'importe quel point situé dans une zone donnée, qu'elle soit de la taille d'un continent, d'un pays, d'un champ ou d'un corps de rue.
La topographie s'appuie sur la géodésie qui s'occupe de la détermination mathématique de la forme de la Terre (forme et dimensions de la Terre, coordonnées géographiques des points, altitudes, déviations de la verticale...). La topographie s'intéresse aux mêmes quantités, mais à une plus grande échelle, et elle rentre dans des détails de plus en plus fins pour établir des plans et cartes à différentes échelles.

Que veulent-ils dire ceux qui disent -qu'est-ce que ça signifie vraiment- qu'ils ne décident jamais rien, qu'ils renoncent à faire des choix.
Parfois, je me dis que la vie des autres va me servir d'exemple.
Je me le dis quand je manque d'inspiration pour une journée.
D'inspiration, d'imagination, d'élan.
Ça m'arrive, de temps en temps.
Ça m'arrive comme à d'autres.

Mais ça, cesser de décider, je ne sais pas. J'aimerais parfois mais je ne sais pas.
Comment rentrer chez soi sans faire de choix ?
Prendre une rue plutôt qu'une autre -et il y en a tant- quelle que soit la raison qui nous y pousse -et il y en a tant-
Passer à droite plutôt que tout droit.
Emprunter le passage souterrain plutôt qu'attendre au feu.
Rue Haute ou rue Blaes ?
Ce n'est pas décider, ça ?

J'ai choisi, quant à moi, la rue Bosquet parce que je ne la connaissais pas.
J'ai tourné la tête et ils ont été là, soudain là, comme plantés pour moi.
Deux arbres respiraient tranquillement, dans le bleu de l'après-midi.
Et les fleurs -ah ces fleurs- qui, toujours, me font battre le coeur.

mardi 30 mars 2010

Tuesday self portrait (une préposition)


-Et vous, vous êtes dans la peinture ?
m'a demandé l'illustratrice à la galerie d'art.

-Et vous, vous êtes dans la littérature ?
m'a demandé la violoniste à la librairie.

-Et vous, vous êtes dans quoi ?
m'a demandé l'homme d'église à la banque.

(Il y a 189 autres self portraits ICI)

lundi 29 mars 2010

Modifier le code

rentrer sortir rester aller venir
écrire
la ville ne me laisse pas tranquille
dehors elle s'impose elle s'imprime
elle dessine des rimes féminines
dedans elle entre par effraction 
avec le chant
     incessant
des sirènes

dimanche 28 mars 2010

Une semaine en désordre

L'invention d'un usage pour le couteau à beurre d'ordinaire inutile : l'achat de Farinet de C.F. Ramuz, dans une édition non massicotée.
Dans un mail, le nom de Melville. Celui de Moby Dick à la librairie. Et plus tard, dans la même journée, dans un roman.

"Jamais trafic entre les gens et les livres n'a été plus intense. Que ces livres soient brefs ou longs, grands ou médiocres, qu'ils donnent lieu à un potlatch de baleines, un déplacement de perspective ou une simple réminiscence, impossible de nier leur impact, ils jouent un rôle, ils font bouger de place."
Florence Delay. Trois désobéissances.

Chose vue : "vase ourson, 26,50€". Le vase a incontestablement la forme d'un oursin.

Chose lue :
"Certains savent très bien que la vie qu'ils vivent est assez morne, est assez ennuyeuse, est assez fastidieuse, est assez triste, oui est assez triste. Certains d'entre eux sont en train de changer, font des courses et les courses et les courses sont quelque chose, il font des courses et les courses et les courses sont quelque chose mais changer n'est pas être quelqu'un qui achète, changer est être quelqu'un qui a quelqu'un pour être quelqu'un qui vend quelque chose et non pour vendre cette chose, changer est alors exister, parfois en certain très certain changement, en certain très complètement changement, en certain certain changement, en certain pas grand changement."

Gertrude Stein. Flirter au bon marché.

Chose entendue : "La mi-saison, ça n'existe pas. C'est une invention de la mode".
La pendule du lavoir n'est pas passée à l'heure d'été : une heure précieuse du dimanche matin gaspillée.
Chose vue en sortant de chez l'opticien :
Pendant quelques heures, croire devoir vivre sans toi.
Savoir que je ne pourrais pas.

vendredi 26 mars 2010

La jalousie


Emménager, ce n'est pas seulement chercher la meilleure boulangerie du quartier, connaître les horaires de la bibliothèque, entendre la voisine partir à 7H20 le matin...
C'est aussi apprivoiser l'appartement. Découvrir, au fil des semaines, dans quelle pièce il fait bon poser la théière de thé fumé, à quelle heure la lumière dessine une ombre élégante par la fenêtre à clair voie de la salle de bain, voir le soleil caresser l'interphone avant d'être masqué par la maison d'en face.
J'ai pensé il faudra protéger le café de l'humidité avant de me souvenir que, non, il n'y aura pas de saison des pluies.
J'ai oublié ce qu'est un printemps sans pique-nique sous les fleurs, un été à moins de 35°.
Je me réjouis à l'avance de découvrir les plaisirs de toutes les saisons, dans mon grand appartement.

jeudi 25 mars 2010

C'est jeudi !


Tout a commencé à TokyoMadame Gâ et moi, nous nous sommes rencontrées.
Pendant deux ans, nous avons éparpillé nos rendez-vous dans la grande ville, nous avons bu des thés de toutes les couleurs, dévidé le passé et inventé l'avenir dans nos innombrables conversations.
Après son départ, pour surmonter l'absence et la distance, nous avons ouvert une boîte aux lettres commune où nous poursuivons nos discussions...
A présent, la distance est moins grande mais nous continuons à nous écrire.
C'est pourquoi, le jeudi, ce n'est pas rue Linière que j'écris mais dans la boîte aux lettres de nos jeudis.
N'hésitez pas à cliquer pour y lire notre correspondance (et c'est souvent l'occasion de voir les bouleversantes illustrations de Madame Gâ )...