samedi 6 août 2011

il dit :

Je me sens super  
stressé 
 en ce moment.
Si tu avais de l'acide, ce serait 
vraiment 
parfait.

vendredi 5 août 2011

Le cabinet des rêves 30

Je conduis une voiture de manière dangereuse (en freinant trop tard, notamment, quand un feu passe à l'orange. Du coup, je me retrouve au milieu du carrefour et une voiture qui tourne manque de m'emboutir.)
Sur le siège arrière : une passagère que j'emmène je ne sais pas où exactement (on est au Japon, je reconnais la route au fur et à mesure, on est à un endroit où je sais que je suis déjà allée avec E.). Au bout d'un moment, je veux qu'on rentre.
Puis, cette femme est chez moi. Elle a étalé beaucoup de ses affaires (liées à un enfant). Je lui signifie qu'il est temps qu'elle parte. Elle refuse. Je suis si excédée par sa présence que j'use de la force pour la faire partir. Je la tire par les vêtements mais aussi par les cheveux.

Rêve du 23 janvier 2011

jeudi 4 août 2011

Ce n'est que dans les romans de Javier Marias, ai-je pensé, ce n'est que si je vivais à l'intérieur d'une de ses fictions que j'aurais une chance, ou le plus grand malheur c'est selon, de voir se résoudre l'ancien mystère. Seul le romancier pourrait se faire dresser devant moi, à tant d'années de distance, la voix incarnée, me faire rencontrer l'homme qui me dirait C'est moi. Qui éclaircirait l'énigme sans même se soucier auparavant de savoir si elle m'habite depuis tout ce temps, si elle est restée vive, vivante au-dedans. Sans me demander, en un quelconque préambule si je me souviens, si même j'ai été mise au courant. Cet homme me dirait C'est moi. Oui, j'ai composé ton numéro dans la nuit, à tâtons, j'ai demandé à te parler. C'est moi. C'est moi que ton mari a entendu prononcer ton prénom. J'ai demandé à te parler alors que tu n'étais pas là, que tu dormais ailleurs, dans un autre lit, dans le lit d'un autre ou peut-être à l'hôtel mais à l'hôtel, on dort toujours dans le lit d'un autre. C'est à moi que ton mari a répondu d'une voix si assurée, si éveillée. Ton mari dont je n'ai entendu la voix que cette fois-là et, sans connaître son visage, sans connaître sa voix, je l'ai trouvé éveillé et pourtant c'était la nuit noire. Aussi éveillé que s'il avait attendu un coup de téléphone, que s'il n'avait fait que ça : attendre qu'on l'appelle pour répondre Allo de manière aussi claire et assurée, pas même surpris pas même pris au dépourvu alors que c'était toi et non lui, toi qui ne dormais pas là après qui j'ai demandé. Non, il n'attendait pas mon appel, pas le mien, non puisqu'il ne me connaissait pas, qu'il ignorait mon existence, qu'il ne l'a jamais connue, que jamais il ne m'a rencontré, que jamais je n'ai vu son visage, que seules nos voix se sont croisées, cette nuit-là car jamais je n'ai à nouveau composé ton numéro, jamais plus à nouveau et à tâtons comme cette nuit-là, jamais je ne t'ai plus appelée ni dans le jour ni dans le noir comme je l'avais fait cette fois-là tellement j'avais besoin de toi.

mercredi 3 août 2011

Précis de topographie 74

La topographie est l'art de la mesure puis de la représentation sur un plan ou une carte des formes et détails visibles sur le terrain, qu'ils soient naturels (notamment le relief) ou artificiels (comme les bâtiments, les routes, etc.). Son objectif est de déterminer la position et l'altitude de n'importe quel point situé dans une zone donnée, qu'elle soit de la taille d'un continent, d'un pays, d'un champ ou d'un corps de rue.
La topographie s'appuie sur la géodésie qui s'occupe de la détermination mathématique de la forme de la Terre (forme et dimensions de la Terre, coordonnées géographiques des points, altitudes, déviations de la verticale...). La topographie s'intéresse aux mêmes quantités, mais à une plus grande échelle, et elle rentre dans des détails de plus en plus fins pour établir des plans et cartes à différentes échelles.
 Chez moi, 
ni tournevis, ni mode d'emploi en suédois.
Chez moi, 
les étagères portent des noms de crus bourgeois.

Sur les trottoirs

-et ce matin vers le lavoir
rue de la victoire-

je me penche
vers les planches.

Chez moi, 
les livres
sont parfois
ivres.

mardi 2 août 2011

Tuesday self portrait (la vie des autres)

"Les vies qui s'achèvent comme les articles littéraires des journaux et des revues, si ronflants en première page et dont la fin se traîne minablement, là-bas vers la page 32, perdue au milieu de réclames pour des soldes ou des pâtes dentifrices."
Julio Cortàzar. Marelle.

lundi 1 août 2011

Quelques circonstances

Le premier jour de faim est aussi celui du retour de l'été. 
Alors le matin est alangui, le marché longtemps endormi, la vie ralentie. 
S'asseyant quelques instants auprès de la petite fille qui, plus tôt, avait claironné son nouvel âge -celui de raison- qu'elle irait célébrer à la foire, il me dit bonjour, m'appelant pour la première fois par mon prénom -alors même que j'ignorais qu'il le connaissait. 
Ma vie à la ville tient du village. 
Une vie de campagne.
 "Il était seul dans son bureau, Cavin faisait des courses. Un chat traversa la place; et on le vit à l'autre bout qui se couchait sur le trottoir devant la charcuterie. Les boutiques avaient baissé leurs stores de coutil; l'horloge craquait par moment. Au mois d'août, beaucoup de personnes sont à la campagne. C'est le temps où les ombres tournent toutes seules, le long du jour, sur les pavés. On fait l'obscurité dans les chambres, on attend le soir pour sortir. 
Jamais la place n'avait été si vide. C'est qu'aussi beaucoup de personnes étaient fatiguées, ayant dansé et ri la veille. Il y avait des restes de la fête; l'arc de triomphe à côté de l'hôtel de ville n'était pas encore démoli; mais à cause de la grande pluie, il était tout fané, ruiné; l'écriteau déchiré pendait, la charpente perçait sous les branches arrachées. Et la même phrase revenant en lui, elle prenait un autre ton : 
"J'aurais dû laisser partir cette fille."
C.F. Ramuz. Les circonstances de la vie. 

dimanche 31 juillet 2011

Sommaire

", et puis comme il s'était déjà passé suffisamment de choses nous sommes allées nous promener."
Gertrude Stein. Autobiographie de tout le monde.


CHAPITRE I : Pour ma part je serai encore en congé le 2 septembre prochain, je vous propose donc  le 9, le 16 ou le 23 ou à toutes autres dates ultérieures à convenir.

CHAPITRE II :

CHAPITRE III : 
L'écran de son appareil resta noir et je crus à une erreur de manipulation.
Mais, de même que, sur les précédents clichés, il avait désigné les bouquetins ou les marmottes disséminés dans le paysage, il me montra quelques points lumineux :
Tu vois ? Ce sont les étoiles !


CHAPITRE IV :
"J'avais encore tant de temps libre, trop de temps, et pourtant j'aurais trouvé aussi difficile que d'habitude de rendre compte de toutes les heures qui passaient comme des minutes ou même des secondes, comme de l'eau dans un tamis. Souvent je restais assise pendant ce qui semblait être de petites éternités à la table de la cuisine et je mangeais du pain et du miel. Le pain allemand était un des principaux attraits de la vie dans ce pays et, en cinq années, j'avais goûté à toutes les variétés que je pouvais trouver, en commençant par le pain de seigle noir et le pain au levain, mais passant bientôt à toutes les combianisons possibles de farine, eau, levure et sel."
Chloe Aridjis. Le livre des nuages. 


CHAPITRE V : 
Regretterai-je un jour les vies que je n'aurai définitivement pas eues ?
Une vie avec davantage de poitrine. Ou à manger des chips et boire du coca. Ou à attendre le bus, longuement, un dimanche de province. 

CHAPITRE VI : 
Une lettre à l'aller : 

Jeudi-
       Longtemps j'ai cru que cette rivière était la mienne    11
       J'ai ouvert les yeux sur un alexandrin                         39
       Je connais l'aube tue                                                   65
       La rivière se concentre à l'ombre de la truite              79
       Débusquons l'orycte de dessous la lauze                     91

Une lettre au retour : 
-qui a fait une partie du tour du monde- et un présage entre-temps réalisé. 
Et puis à très bientôt, nous serons sur le même continent, Amsterdam-Bruxelles, ça semble proche vu d'ici.

CHAPITRE VII : 
Un émincé de dinde sauce roquefort, des banquiers, une ville dangereuse.

CHAPITRE VIII : 
Un week-end à Biarritz, chez Raymonde, l'automne en plein été.

CHAPITRE IX : 

CHAPITRE X : 
-Tu veux une glace ?
-Volontiers ! Elle est à quel parfum ?
-Rouge à lèvres.


CHAPITRE XI :
Le vélo
, à nouveau