mardi 19 février 2013

Tuesday self portrait (le discernement)


"On ne devient laid, inintéressant, que parce qu'on ne surveille pas sa manière de manger et de vivre. Inversement, on devient attrayant, séduisant, pour peu qu'on applique son intelligence et son discernement à ce qu'on fait, à ce qu'on mange. Bref, le secret du charme repose en vous, ou plutôt dans ce que vous mangez. 
Avant  tout, réformez vos habitudes alimentaires. Je n'ai jamais assisté à vos repas. Mais je suis sûr que vous mangez trop vite et que vous ne mâchez pas assez. Je l'ai constaté maintes fois : certains se précipitent dans une boutique, engloutissent un sandwich et une tasse de café et ressortent avant que vous ayez eu le temps de chanter "Au clair de la lune".
La tâche de digérer est reportée sur l'intestin grêle, déjà surchargé de besogne, qui ne peut pas tout faire et qui laisse forcément inemployée une bonne part de la nourriture qui lui arrive. 
Si vous voulez extraire de ce que vous mangez tous les principes nourriciers qui s'y trouvent, mâchez et remâchez votre nourriture."
Benjamin Gayelord Hauser. Mangez pour être belles.

lundi 18 février 2013

-liquide amniotique-

au réveil
j'étais pareille
qu'à l'instant du sommeil

la bouillotte contre moi
-blottie-
avait juste tiédi
l'eau dedans
bougea en même temps
que moi
dans un bruit de ressac
comme si mon coeur était un lac
-ou une flaque-

dimanche 17 février 2013

L'exigence

Le goût de chacun ne peut se former que par la recherche du meilleur et donc de la singularité. Aussi le parcours du lecteur ne peut être que solitaire. Le lecteur -où qu'il lise- se doit d'être, obstinément, un aristocrate.
Frédérique Pernin

samedi 16 février 2013

il (me) dit :

Madame, excusez-moi, vous pouvez m'indiquer où est la rue du métal
???????????????????????????????????????????????????????????????
(...)
Merci Française
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
 -C'est exactement ça, mais dans la direction opposée. 
Telle était la méthode de prédilection de Calvino quand il s'agissait de renseigner des gens. 

Cette fois, cependant, il n'avait pas eu le temps de renseigner ce monsieur sympathique avec la précision requise. C'est exactement  comme je vous l'ai dit, mais dans la direction opposée. il ne se sentait aucunement coupable : faire en sorte que les gens se perdent dans le quartier était un acte de généreuse sympathie. A l'instar de quelqu'un qui a plaisir à montrer un film ou à faire lire un livre qu'il a aimés, Calvino savait que si les gens parvenaient directement à destination, sans aucun détour, ils n'auraient jamais l'occasion d'explorer ces recoins que seuls découvrent ceux qui se sont complètement fourvoyés. 
Gonçalo M. Tavares. Monsieur Calvino

vendredi 15 février 2013

Le cabinet des rêves 110

L'étude des rêves présente une difficulté particulière : on ne peut les observer directement. Seuls leurs souvenirs peuvent être objet d'examen ou de discussion. Peut-être que le souvenir des rêves ne leur corresponde pas directement. Un grand écrivain du XVIIe siècle, sir Thomas Brown, estimait que le souvenir des rêves était beaucoup plus pauvre que leur splendide réalité. D'autres, au contraire, pensent que nous embellissons nos rêves, c'est à dire que, si nous pensons que les rêves sont des oeuvres de fiction (ce que je crois), nous poursuivrons le travail d'imagination en nous réveillant et plus tard, en racontant nos rêves. 
Jorge Luis Borges.
 Je prends le train pour Paris. Il est composé, entre autres, de petites voitures individuelles. 
Alors que le train est en train de partir, j'en choisis une si petite que je me demande si je vais réussir à y entrer (oui : tout juste !). 
A l'arrêt suivant, N. s'installe juste derrière ma voiture, dans une espèce de petite carriole, même pas couverte.
Il commence à me parler et je ne réponds qu'évasivement dans l'espoir que la conversation ne dure pas tout le voyage. 
Dans une autre gare, il y a vraiment foule sur le quai et c'est avec soulagement que tout le monde voit arriver un wagon qui sera ajouté au train. 
Je m'éloigne de la gare pour aller chercher quelque chose (?) mais j'ai vite peur de manquer le départ du train et je me dépêche d'y retourner. 
N. est attablé avec J. 
Je m'installe avec eux et je suis éclaboussée par le jus de la viande très saignante qu'ils ont commencé à découper. 
Je dis que je ne tiens pas à être tachée par quelque chose que je ne vais pas manger et je vais dans une salle de bain, frotter ma marinière et le haut de mon jean qui sont mouchetés de sang. 
Une petite fille vient se laver les mains. 
Je lui laisse la place en disant Allez-y ! 
Elle s'étonne : Vous me vouvoyez, maintenant ?

Rêve du 9 février 2013

jeudi 14 février 2013

insom nuit


à quoi servent les heures blanches ?

mercredi 13 février 2013

rester de

ils m'oublient moi nettement plus souvent
que je ne les oublie eux les gens

et puis soudain dans la rue il sonne
mon prénom !
une syllabe qui claque mais personne
et puis je le vois le garçon
penché au troisième au balcon
le mouvement de son bras
Ça va ?!
 et déjà rentré, plus là